BON CHIC MAUVAIS GENRE #134 : Spécial "Teenage Apocalypse"
BON CHIC MAUVAIS GENRE, votre soirée mensuelle double-programme consacrée au cinéma transgressif, rare, délirant et précieux –programmée amoureusement par les projectionnistes du cinéma Majestic de Lille- revient le vendredi 12 septembre.
Nous entamerons, grâce à vous et votre fidélité sans faille, notre 18ème année de BCMG !
18 ans, ce n’est pas l’âge de raison. Si nous sommes pas tout à fait adulte, nous sommes certainement des teenagers pour quelque temps encore. Voilà une raison tout trouvée pour démarrer cette saison avec humour, énergie, provocation, sexe, drogue, rock’n’roll et apocalypse alien !
Nous commençons en effet cette rentrée en rendant hommage à un des personnages les plus sympathiques et les plus foufous du cinéma américain : Gregg Araki dont la trilogie "teeenage apocalypse" a enfin été restaurée !
Celui qui a bouleversé les codes et le bon goût en matière de cinéma dans les années 90 revient donc en force, et ce n’est rien de le dire : encore aujourd’hui, ses films sont des bombes qui n’ont rien perdu de leur vigueur.
[NB : cette expression n’a pas été approuvé par le Centre National de la Métaphore.]
Venez redécouvrir en salle les films du roi queer de la provoc’ et du bon "mauvais goût" !
Mais, si vous ne connaissez pas ses films, ou si vous ne voyez pas du tout où je veux en venir, ne vous affolez pas et suivez le guide…
19H00 : THE DOOM GENERATION de Gregg Araki – USA/France – 1995 – Interdit aux moins de 16 ans - 83 min – copie numérique (dcp)
Avec : James Duval, Rose McGowan, Johnathon Schaech, Cress Williams, Dustin Nguyen, Maragaret Cho, Amanda Bearse, Parker Posey, le groupe Skinny Puppy…
Jordan White et Amy Blue ont dix-huit ans et s’aiment à la folie. Alors qu’ils parcourent la ville en voiture, ils provoquent sans le vouloir un incident terrible dans un fast-food qui finira dans un invraisemblable bain de sang et dont ils réchapperont uniquement grâce à l’intervention de Xavier Red.
Xavier, personnage mi-ange mi-démon, haut en couleur, bouscule la routine du couple. Le trio va explorer leurs désirs, leur amitié, leur junk-food et entamer un étrange road-trip dans une Amérique désaxée…
Quand Gregg Araki débarque sur les écrans français avec ce film, au milieu des années 90, il fait souffler un vent de folie furieuses chez les cinéphiles qui ont, à l’époque, la chance de découvrir ce jeune cinéaste cinglé et iconoclaste. THE DOOM GENERATION plantera les jalons d’un univers très fou, bariolé et beau, envoyant balader toute forme de naturalisme et se fichant complètement ce ce que doit être ou pas un film.
Arraki à un univers mental bien à lui qui baigne dans la provocation, l’humour et une forme détraquée mais sincère de bienveillance et d’empathie qui n’a nul équivalent chez les autres cinéastes.
Araki ne détourne pas le film de collège, ne le parodie pas, mais plutôt le "hijack " ou le détourne comme on détournerait un avion. Direction un univers totalement queer et extrêmement gender fluid ce qui est tout bonnement inédit dans les films "mainstream" à l’époque. Araki décrit un monde gay, vulgaire, plein de bon "mauvais goût" et drôlissime, sans jamais quitter une forme certaine de tendresse. On peut le voir en petit-fils dégénéré de John Waters avec qui il partage un univers parfois commun. Il y a chez lui aussi un soif de filmer, d’imposer une vision de la jeunesse belle et désemparée, bien en avance sur une société qui n’arrête pas de s’approcher de l’Apocalyspe (en ça, les films d’Araki résonnent encore, 30 ans après, de manière ultra-moderne).
Sur le plan formel, avec des moyens limités mais suffisants, c’est ludique et inventif. Araki se nourrit du film de collège peut-être, mais aussi plus sûrement du soap-opera (forme qu’il adore) et du rock, notamment industriel (au sens années 80 du terme). La bande son est d’ailleurs incroyablement soignée de Nine Inch Nails à Front 242, Coil, ou encore The Jesus And The Mary Chain.
Notons également l’excellence des interprètes qui, certes, font les foufous, mais avec un talent et une précision complètement dingue, notamment le couple principal avec une Rose McGowan bouleversante et un James Duval (alter-ego du réalisateur) qui est une véritable révélation. Celui qui jouera plus tard le lapin maléfique de DONNIE DARKO montre une incroyable énergie et sous airs abrutis et gentils, il transforme le film en une bombe atomique de loufoquerie et de sensualité étrange.
THE DOOM GENRATION est un bijou libre, drôle et surtout très beau. Le revoir sur grand écran donnera une idée à ceux qui ne connaissent pas ce cinéma, de l’incroyable vent de fraîcheur et de révolution qu’a été, il y a trente ans, le cinéma de Araki.
20H50: NOWHERE de Gregg Araki – 1997 – USA/France - 82 min – VOSTF- copie numérique (dcp).
Avec (accrochez-vous, il y a du monde !) : James Duval, Rachel True, Nathan Bexton, Chiara Mastrioianni, Debi Mazar, Kathleen Robertson, Jordan Ladd, Joshua Gibran Mayweather, Sarah Lassez, Christina Applegate, Guillermo Diaz, Heather Graham, Ryan Phillippe, Mena Suvari, Charlotte Rae, Denise Richards, Traci Lords, Shannen Doherty, Rose McGowan…
Dark Smith a 18 ans et est étudiant en Art. Plutôt que d’aller en court, il se ballade avec sa caméra vidéo et traîne avec sa petite Amie Mel, préférant perdre son temps en discutions sans fin au fast-food où ils retrouvent tous leurs amis. Tout le monde est très excité car il y a une grande fête organisée le soir même. Dark espère qu’il retrouvera là le beau Montgomery, un autre lycéen mais bien plus discret, qui le trouble de manière inédite…
Mais au cours de la journée, les événements prennent une tournure étrange et désagréable pour Dark qui va voir beaucoup de ses certitudes ébranlées…
Deux ans après THE DOOM GENERATION, et après avoir enthousiasmé les cinepéhiles américains et français, Gregg Araki revient avec toujours le même univers (et toujours avec le magnifique James Duval ) fait de teenagers forts en gueule et hauts en couleurs qui n’en font qu’à leur tête dans un monde déjanté et détraqué. Drogues, sexe, mélange des genres, provocations gratuites et hilarantes, érotisme homocentré, acteurs et actrices lumineux et magnifiques, sont de retour dans un dispositif plus richement dotés mais qui ne trahit pas la formule initiale, à savoir une jubilation extatique à filmer et créer un univers stylisé et antinaturaliste.
Araki en profite et convoque un nombre impressionnant d’acteurs (le cinéphile averti reconnaîtra de près ou de loin une grosse vingtaine de comédiens), tous excellents et qui fontt la part belle encore une fois aux figures queer et aussi au soap-opera dont un nombre incroyables d’interprètes sont issus (c’est d’ailleurs un des sujets du film). [On retrouve des acteurs des séries Berverly Hills, Alerte à Malibu, Arnold Et Willy, etc. Et le casting va de Chiara Mastroianni à l’ancienne actrice X Tracy Lords (vue chez John Waters d’ailleurs)]
NOWHERE est une nouvelle fois plastiquement beau, joué par des acteurs enragés et heureux, et raconte les tourments de la fin de l’adolescence avec sensibilité et parfois un ton plus ironique ou sombre. Car là où l’horreur américaine débarquait violemment dans THE DOOM GENERATION, elle est ici en filigrane, se dévoilant peu à peu, notamment à travers le drame insupportable que traverseront tout seuls deux personnages.
Le personnage de Dark est particulièrement réussi et montre avec subtilité, dans cet océan de provocations et de délires furieux, le désarroi qui nous saisit au seuil de la vie adulte. Finalement, NOWHERE réussit à être un fresque jubilatoire, parfois faussement foutraque où la jeunesse craint à très juste titre le monde adulte et l’envoie balader tant que cela est encore possible.
Encore une fois, Araki signe un grand film…
Dr Devo.
Dress-code de la soirée (1 dvd à gagner pour le meilleur déguisement !): tout ce qui a rapport avec les années 90, tout ce qui a rapport à la drogue, teenager, activiste, malfrat, gangster, étudiant en Beaux-Arts, parents dépassés, acteurs de soap-opéra ou séries, fêtard, John Waters ou spectateur du Majestic. [D'une manière générale, tous les déguisements sont acceptés!] Le prix pour le concours de déguisement est remis au début de la deuxième séance !
Réservations possibles dés maintenant à la caisse du Cinéma Majestic à Lille ou sur le site ugc.fr. Soirée proposée par le site Matière Focale.com, le magazine Distorsion et les projectionnistes du cinéma Majestic. Tarifs: 14 euros les deux films (réservations pour ce tarif uniquement en caisse du Majestic) / 1 film aux tarifs habituels.
Les cartes UGC illimitées fonctionnent pour les deux films !
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Prochain BON CHIC MAUVAIS GENRE: le 12 décembre 2024.
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