BON CHIC MAUVAIS GENRE #112 : spéciale "Polars Cultes"

Publié le par Dr Devo

BON CHIC MAUVAIS GENRE #112 : spéciale "Polars Cultes"

BON CHIC MAUVAIS GENRE, votre soirée mensuelle double-programme consacré au cinéma transgressif, rare, délirant et précieux –programmée amoureusement par les projectionnistes du cinéma Majestic de Lille- revient ce vendredi 18 Novembre.

Au programme de cette 112éme édition, nous vous proposons de découvrir deux polars cultes américains qui ont d’étonnants points communs quoique très différents formellement. Car ces deux films, bien qu’ayant des intrigues qui auraient pu être parfaitement attendues ou banales semblent complètement chambouler le genre et nos habitudes cinéphiles. Car, ces deux films, très impressionnants sur grand écran, ne ressemblent à aucun autre polar !

Nous commencerons à 18h15 par le beau DRIVE de Walter Hill avec Ryan O’Neal en pilote de voiture ultra-doué qui exfiltre les gangsters après leur braquage. Sur sa route, un inspecteur de police détraqué et une étrange jeune femme (Isabelle Adjani) qui cache peut-être quelques secrets.

A 20h10, on suivra les traces du MANHUNTER de Michael Mann (sorti en France au cinéma sous le titre LE SIXIEME SENS), film ultra-beau au suspens progressif et intense qui nous mène jusqu’aux frontières de la folie et du mal… A noter que c’est le premier film où apparaît le personnage du Docteur Hannibal Lecter !

Alors, si vous ne connaissez pas ces deux films, ne vous affolez pas et suivez le guide…

 

18H15 : DRIVER (The Driver) de Walter Hill – USA– 1978 – 91 min – VOSTF – copie numérique (dcp)

Avec : Ryan O’Neal, Bruce Dern, Isabelle Adjani, Ronee Blakley, Matt Clark, Felice Orlandi, Joseph Walsh, Rudy Ramos…

Los Angeles, années 70… Le Chauffeur, énigmatique personnage, est un expert en conduite automobile dont la compétence et le génie sont tels que les gangsters louent à prix d’or ses services lorsqu’ils organisent un braquage, afin de se faire exfiltrer et semer la police. Et c’est justement après le braquage d’un casino que le Chauffeur se fait repérer par une jeune et énigmatique joueuse. Lorsque la police la contacte pour identifier le Chauffeur, celle-ci le disculpe, étrangement…

Voilà qui met en rogne l’inspecteur chargé de l’affaire qui n’aura dès lors qu’une obsession : capturer le Chauffeur, quelle que soit la méthode, quitte à bafouer la loi et l’ordre…

Deuxième film de Walter Hill, DRIVER est un film étonnant et franc du collier. Le scénario, même s’il utilise avec une malice certaine, un bon sens du suspens et parfois même du bluff, tient surtout par son côté brut de décoffrage  et sa simplicité : un hors-la-loi hyperdoué et un flic sans foi ni loi qui cherche à le coffrer.

Sur ce parti-pris épuré, Walter Hill en tire un film incroyablement étonnant, basé sur un style de mise en scène d’abord efficace et sur des personnages ultra-typés dont le nom appelle la fonction (Chauffeur, Inspecteur, la Joueuse) et qui sont quasiment archétypaux…

Ce qui ne veut pas dire que le film soit un polar générique ou attendu, et même très loin de là. Hill, dés les premières minutes du film, instaure un ton très personnel et mène son film de manières efficace et même implacable. Les scènes d’action sont prenantes, les poursuites en voiture sont incroyablement impressionnantes. Le sens de la mise en scène de Hill fait le reste : des décors incroyablement bien choisis, un découpage précis, une photo et des effets soignés. C’est du bel ouvrage. Si on est souvent étonné par l’ambiance très forte que dégage le film., c’est aussi grâce aux traitements des personnages : si le flic principal (Bruce Dern génial dans ce rôle obsessionnel et presque sociopathe) est haut en couleur, les "héros" ont une fabuleuse aura tout à fait digne des films de Jean-Pierre Melville. Ryan O’Neal et Isabelle Adjani, tous les deux épatants, sont à la limite du non-jeu et pourtant, à l'image du film qui sait autant ménager les silences que de se jeter à tombeau ouvert sur les scènes d’action les plus ahurissantes, ils incarnent à eux deux tout l’enjeu du film : combiner, sous l’apparente froideur, un feu intérieur intense. Grace au soin du dispositif taillé au cordeau, le suspe,s est terrible et fera trépigner plus d’un spectateur. Le film possède au final un ton tout à fait original et même une aura mythique. Ce mélange d’épure et de fulgurance fonctionne tout du long, et font de ce DRIVER un film personnel et inspirant. Le redécouvrir sur grand écran sera sans doute une expérience jouissive et étonnante…

 

20H10 : MANHUNTER (LE SIXIEME SENS) (Manhunter) de Michael Mann – USA– 1986 – 120 min – VOSTF – copie numérique (dcp)

Avec: William Petersen, Joan Allen, Tom Noonan, Dennis Farina, Kim Griest, Stephen Lang, David Seaman…

Etats-Unis, années 80… Will Graham, ex-agent du FBI, vit une "retraite" paisible avec sa femme et son enfant. Il a en effet quitté son travail quelques années plus tôt, suite à son enquête brillante qui permit d’arrêter le serial-killer à l’intelligence plus que redoutable : Hannibal Lecter. Sorti blessé physiquement et détruit psychiquement de cette expérience, Will Graham n’a plus jamais retravaillé.

Son ancien partenaire Jack Crawford lui propose néanmoins de reprendre du service. En effet un serial-killer sème la terreur à Atlanta : tous les mois, pendant la nuit de la pleine lune, il massacre une famille ! La police et le FBI font chou blanc car les indices sont maigres et le tueur semble très prudent. Pour Crawford c’est limpide : le seul qui a peut-être une chance d’élucider l’affaire, c’est Will Graham.

Ce dernier accepte  de reprendre du service. Il décide de reprendre l’enquête du début, ré-inspecter les lieux des crimes et d’aller voir Hannibal Lecter en prison pour lui demander de l’aide…

Adapté du roman DRAGON ROUGE de Thomas Harris, MANHUNTER (sorti en France sous le titre LE SIXIEME SENS) ne fut pas un énorme succès à l’époque bien que ce soit la première fois qu’apparaisse à l’écran un des personnages "méchants" les plus mythique du cinéma : Hannibal Lecter, ici joué par l’immense Brian Cox ! C’est Jonathan Demme et Anthony Hopkins qui décrocheront la timbale quelques années plus tard grâce au SILENCE DES AGNEAUX qui consacrera le célèbre serial-killer.

Mais la comparaison s’arrête là. MANHUNTER n’a rien à voir ou presque avec LE SILENCE DES AGNEAUX.

Michael Mann, immense cinéaste, c’est d’abord un styliste. Dans la première partie du film (la reprise de l’enquête policière), petite touche par petite touche, le réalisateur fait monter lentement mais sûrement la pression : l’enquête piétine puis décolle à peine, mais au fur et à mesure le jeu devient de plus en plus prenant.

Mann dispose de deux outils formidables pour faire de son film une œuvre très originale. Tout d’abord,  un sens des repérages et des décors tout à fait ahurissant. Le réalisateur compose sa mise en scène comme un architecte, et se faisant rend une intrigue qui aurait pu être attendu en un voyage presque anti-naturaliste. Le choix des décors, le cadrage rend l’espace contemporain tout à fait singulier. Si le dispositif fonctionne, c’est grâce aussi à un découpage précis et inspiré, et un travail gourmand sur la lumière signé Dante Spinotti (qui travaillera souvent avec Mann). La combinaison de cet deux aspects fait monter la tension autant qu’il dépayse. Le voyage est aussi mental que physique et bizarrement on serait presque plus étonné de cette direction artistique que celle d’un BLADE RUNNER ! [J’exagère un peu mais vous voyez l’idée].

Rien que pour ça, le film vaut le détour. Mais ce n’est pas tout. Toujours inventif, toujours beau, le film peut aussi compter sur une interprétation tout à fait particulière. Le casting est parfait avec sa tête un William Petersen qui dé ploie une belle énergie et qui est entouré de comédiens remarquables parmi lesquels Dennis Farina (trés bon second couteau du cinéma américain, Kim Griest (BRAZIL), Joan Allen et un Tom Noonan ahurissant dans le rôle du tueur.

MANHUNTER bien plus qu’un énième film policier, est une descente dans les entrailles du mal, dans la désespérance de ces héros devant l’impossibilité de mettre de l’ordre dans le chaos du monde. Le film prend une portée mythique impressionnante et devient plus qu’intense.

Et pourtant, Mann pousse le bouchon et la créativité encore plus loin, en enclenchant la deuxième partie de son film qui vient presque casser la première et remettre de l’humain au coeur de l'histoire de la manière la plus perverse ou cruelle possible. Il sera difficile d’en dire plus sans déflorer l’histoire.

MANHUNTER est donc un film intense et prenant, mais aussi un réflexion presque abstraite sur le Mal. Il prend souvent le spectateur à revers pour l’amener des endroits étranges et inconnus. MANHUNTER n’est pas un thriller comme les autres. Son propos passionnant, sa beauté formelle et son inventivité en font une grande expérience de cinéma.

Dr Devo.

 

 

Dress-code de la soirée (3 dvd et un abonnement à la meilleure plateforme de streaming du monde à gagner pour le meilleur déguisement !): Agent du FBI, inspecteur, policier, gangtster, hors-la-loi, mafieux, mystérieuse inconnue, pilote de voiture, fauve, géant, scientifique, journaliste, serial killer, France Gall ou spectateur du Majestic. Les prix pour le concours de déguisement sont donnés au début de la deuxième séance !

Réservations possibles dés le mardi 14 novembre à la caisse du Cinéma Majestic à Lille ou sur le site ugc.fr. Soirée proposée par le site Matière Focale.com, le magazine Distorsion et les projectionnistes du cinéma Majestic. Tarifs: 14 euros les deux films  (réservations pour ce tarif uniquement en caisse du Majestic) / 1 film aux tarifs habituels.

Les cartes UGC illimitées fonctionnent pour les deux films !

Invitez vos amis via la page-évenement facebook de la soirée: cliquez ici !

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Prochain BON CHIC MAUVAIS GENRE: le vendredi 2 décembre 2022, spéciale théma "France-UK: la voix de son maître (l'original et la copie)".

Découvrez le travail de Lammakian Samsenesena (qui réalise les affiches de Bon Chic Mauvais Genre) en cliquant ici !

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